Du rêve à la réalité

Dans ma petite tête, il était clair qu’une fois arrivée au Cap Bathurst, j’allais directement viser le Cap Parry… Hop, un grand saut de puce et le tour était joué. Oui, mais ça c’était dans mes rêves, juste dans mes rêves ! La réalité, elle, a été bien différente. Depuis le Cap Bathurst, alors que j’attendais le meilleur moment pour continuer ma route, je l’ai vu très clairement, cette monumentale muraille blanche qui me barrait la route : de la glace, à perte de vue, pile poil en travers de ma route ! Pour y avoir goûté de très près et un peu trop longtemps à mon goût récemment, j’ai préféré éviter de m’y jeter à corps perdu et j’ai pris l’option de descendre le long de la côte pour essayer de contourner les glaces par le sud.

Le seul souci est que je savais ne pas trouver d’endroit abrité le long de cette côte si besoin. Et bien-sur, cela n’a pas manqué, quelques heures après mon départ, le ciel s’est obscurci, une pluie verglaçante s’est invitée pour la journée et la mer menaçante a rendu les heures vraiment fastidieuses. J’ai jeté l’ancre au pied de collines fumantes tout à fait étonnantes, les Smoking Hills (j’avais lu les explications sur internet mais j’avoue qu’étant donné mon état de fatigue, je ne saurais pas vous les restituer exactement). Une escale remuante où j’ai d’ailleurs bien failli perdre mon sac de couchage.

J’avais profité de quelques trop rares rayons de soleil pour faire tout sécher à l’extérieur lorsqu’une rafale descendue des collines et emportant tout sur son passage s’est emparée de mon sac de couchage qu’elle a jeté à l’eau… Deux secondes de réflexion, une ombre d’hésitation et j’ai plongé la tête la première pour le récupérer car ce sac, ce n’est pas simplement un sac, c’est l’assurance de trouver un minimum de chaleur au cœur de cet univers glacial et humide. Sans lui, aux escales, la congélation serait quasi assurée.

Bref, il est à nouveau à bord, j’ai réussi à le faire sécher tant bien que mal, et très honnêtement même humide et salé, il est délicieux de se glisser dedans ! Quant à moi, je n’ai même pas eu le temps de réaliser à quel point l’eau était glaciale tant j’étais obnubilée par ce sauvetage. Ce n’est qu’une fois revenue sur la terre ferme que j’ai réalisé que mes dents s’entrechoquaient sans que je ne puisse rien n’y faire ! Un bon café brulant, et cette petite boîte miraculeuse dans laquelle  se trouve un petit morceau de charbon incandescent que l’on glisse tout contre soi ( merci Yves pour ce cadeau en or qui ne me quitte plus)… et j’étais remise de mes émotions !

En attendant les prochaines nouvelles, j’ai encore un peu de route qui m’attend et je ne peux qu’espérer que les glaces ne freinent pas mes élans !

À très vite !

3 COMMENTS
  • Francis Benveniste
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    Anne, Je suis tres curieux : il faut que tu publies une pix de ta « can of warm ». Kimbe red, le mur de glace va s’ouvrir.

  • Christian Rennes
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    Décidément, rien ne vous est épargné. Cette mésaventure du sac aurait pu vous être fatale ! J’espère sincèrement, que cette adversité va se calmer. Nous pensons bien à vous et espérons à chaque fois vos nouvelles, qu’enfin se profile cet arbre de vie qui sera la réalisation de tous vos efforts. A bientôt, chère Madame, prnez bien garde à vous.

  • Annie O’Neil
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    Never a dull moment on your adventures! But then it wouldn’t be an adventure! Shark and I wish you safe travels and pathways s through the ice????????

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